Dans les Yoga Sūtra de Patañjali, Asteya est le troisième des cinq Yama.
Asteya est souvent traduit par « ne pas voler ». Mais cet enseignement va bien au-delà du simple fait de ne pas prendre un objet qui ne nous appartient pas.
On peut aussi s’approprier ce qui vient de l’autre : ses idées, son travail, ses connaissances, son expérience, son temps, son énergie ou ce qu’il a construit au fil des années.
S’inspirer, apprendre, recevoir et transmettre font naturellement partie du chemin. Nous nous nourrissons tous de rencontres, d’enseignements et d’expériences. Mais il existe une différence entre recevoir un enseignement, l’intégrer, le laisser mûrir en soi et le transmettre à partir de sa propre expérience, et simplement reproduire ce qu’un autre a construit en se l’appropriant.
Asteya nous invite à cette honnêteté. Reconnaître ce que nous avons reçu. Respecter le travail et le chemin de l’autre.
Ne pas chercher à faire nôtre ce qui ne nous appartient pas.
Asteya nous interroge également sur notre sentiment de manque. Pourquoi ressentons-nous parfois le besoin de prendre, de copier, de posséder ou d’accumuler ce que nous voyons chez les autres ?
Lorsque nous sommes profondément ancrés dans ce que nous sommes, nous n’avons plus besoin de nous approprier ce qui appartient à l’autre.
Le Yoga Sūtra II.37 nous dit :
« Lorsque le non-vol est fermement établi, toutes les richesses viennent à soi. »
Peut-être parce que la véritable richesse apparaît lorsque nous cessons de regarder ce que possède l’autre pour reconnaître et cultiver ce qui est déjà en nous.
S’inspirer n’est pas copier.
Recevoir n’est pas s’approprier.
Asteya nous invite à respecter ce qui vient de l’autre.
Namaste.