La meilleure façon de commencer une pratique de yoga est de tout oublier.
Vider totalement sa mémoire. Déposer le connu, les souvenirs, les habitudes, les attentes, les comparaisons, les réussites comme les difficultés des pratiques passées. Faire comme si l’on n’avait jamais pratiqué auparavant.
Pourquoi ? Parce que le yoga ne se vit jamais dans le passé. Il ne peut être vécu que dans l’instant présent.
Tant que nous nous appuyons sur notre mémoire, c’est le mental qui guide la pratique. Il reproduit ce qu’il connaît déjà, compare avec les séances précédentes, anticipe les mouvements, juge les sensations et interprète tout ce qui se présente.
Or le yoga nous invite précisément à sortir de ce fonctionnement.
Chaque souffle est nouveau. Chaque posture est nouvelle. Chaque instant est unique. Même après vingt années de pratique, il est possible de découvrir une posture comme si c’était la première fois, à condition d’abandonner le connu.
C’est pourquoi le début d’une séance est si important.
Avant même le premier mouvement, il est essentiel de poser une intention claire et ferme. Cette intention n’est pas un objectif de performance, mais une orientation de la conscience. L’intention pourrait simplement être : « Aujourd’hui, je choisis d’être pleinement présent. Je laisse le moins de place possible au mental et je m’ouvre totalement à l’expérience du yoga. »
L’intention devient alors un véritable engagement intérieur. Elle nous rappelle, à chaque instant, de revenir à la présence lorsque le mental reprend ses habitudes.
Plus le mental occupe de place, moins l’expérience du yoga peut se révéler.
À l’inverse, lorsque la mémoire s’efface, que les automatismes se taisent et que l’on cesse de vouloir retrouver ce que l’on connaît déjà, un espace nouveau apparaît. C’est dans cet espace de disponibilité que le yoga devient une expérience vivante, capable de transformer profondément l’être.
Entrer sur son tapis, c’est finalement accepter de ne plus rien savoir, afin de laisser la vie nous enseigner, instant après instant.
Namaste.