On entend souvent : « Je n’arrive pas à méditer, j’ai trop de pensées. »
Mais peut-être cherchons-nous à méditer avant même d’avoir appris à nous concentrer.
Dans les Yoga Sūtra de Patañjali, la méditation ne commence pas directement par Dhyāna. Elle est précédée par Dhāraṇā, la concentration.
Dhāraṇā consiste à orienter volontairement notre attention vers un point : le souffle, un mantra, une sensation, un son, une image intérieure…
Le mental s’échappe, une pensée arrive, puis une autre. Nous nous en apercevons et nous revenons à notre objet de concentration, encore et encore.
Il ne s’agit donc pas de supprimer les pensées, mais d’apprendre progressivement à ne plus être emporté par chacune d’elles. Le mental perd peu à peu de son emprise.
Lorsque cette concentration devient plus stable et plus continue, nous entrons dans Dhyāna, la méditation. Nous ne sommes plus dans l’effort constant de ramener notre attention. La présence devient plus naturelle, plus fluide.
Ce qui apparaît dans notre champ de conscience peut alors être simplement accueilli et observé : une pensée, une sensation, une émotion, un son… Cela émerge, demeure un instant puis disparaît, sans que nous ayons nécessairement besoin de saisir, d’analyser ou de retenir. Nous sommes présents à ce qui est.
Dans Dhyāna, il demeure cependant encore une forme de dualité : il y a celui qui observe et ce qui est observé. Puis vient Samādhi. La séparation entre l’observateur et l’objet de l’observation s’efface. Il n’y a plus « moi qui observe quelque chose ». Dans la tradition yogique, c’est l’expérience d’une absorption profonde où la dualité s’estompe.
Ce que l’on peut parfois exprimer comme une fusion avec le Grand Tout ne se comprend alors plus intellectuellement : cela se vit. Dhāraṇā nous apprend à rassembler notre attention. Dhyāna nous conduit vers une présence continue. Samādhi nous emmène au-delà de la séparation entre celui qui expérimente et l’expérience elle-même.
Alors, lorsque nous nous asseyons pour méditer et que notre mental part dans toutes les directions, inutile de penser que « nous ne savons pas méditer ». Commençons simplement là où nous sommes.
Concentrons-nous.
Observons.
Revenons.
Car le chemin vers la méditation commence peut-être simplement par apprendre à être pleinement présent.
Namaste.