Il existe une situation où nous quittons, souvent sans nous en rendre compte, l’état de yoga. Quand le mental choisit de ne plus laisser de place à la conscience.
Pendant un cours, il arrive qu’un élève, guidé par la voix, décide malgré tout d’entrer dans une posture d’une manière différente de celle qui est proposée.
Pourquoi ?
Parce que « j’ai toujours fait comme ça », « on me l’a appris ainsi », « je pense que c’est mieux pour moi », ou simplement parce que le mental a déjà choisi avant même d’avoir écouté la proposition.
À cet instant, ce n’est plus l’expérience qui guide. C’est le mental.
Le yoga nous invite pourtant à une autre attitude : suspendre, le temps d’une pratique, nos habitudes, nos certitudes et nos préférences pour entrer dans une véritable disponibilité.
Cela ne signifie pas qu’il n’existe qu’une seule manière d’entrer dans une posture. Bien au contraire. Il existe une multitude de chemins, tout comme il existe une multitude de routes pour rejoindre une même destination. Aucun n’est forcément meilleur qu’un autre.
Alors pourquoi proposer un chemin différent de celui que vous connaissez déjà ? Parce qu’un nouveau chemin révèle souvent de nouvelles sensations. En modifiant l’entrée dans une posture, nous réveillons d’autres perceptions, d’autres équilibres, une respiration différente, une compréhension plus subtile du mouvement. Ce qui semblait connu redevient un territoire d’exploration.
Le yoga est une invitation permanente à rester ouvert. Ouvert à la nouveauté. Ouvert à l’inattendu. Ouvert à la possibilité que notre manière habituelle ne soit pas la seule.
Chaque nouvelle proposition est une occasion de sortir des automatismes du mental pour revenir dans l’expérience directe.
Écouter avant de faire.
Expérimenter avant de juger.
Accueillir avant de comparer.
Ce n’est qu’après avoir vécu pleinement une expérience que nous pouvons discerner avec justesse ce qui nous convient. Le yoga est moins un chemin de certitudes qu’un chemin d’exploration.
Et parfois, le plus grand progrès ne consiste pas à réussir une posture, mais à accepter, l’espace d’un instant, de ne plus savoir… afin de découvrir une nouvelle manière d’habiter son corps, son souffle et sa conscience.
Namaste.