Il nous arrive à tous de traverser des périodes où tout paraît plus lourd. L’énergie diminue, la fatigue s’installe, l’envie d’agir disparaît. On voit les choses en noir, on se replie sur soi, on reste de longues heures dans son canapé sans trouver la force de se mettre en mouvement.
Dans la philosophie du yoga, cet état est associé à tamas, l’un des trois guṇas. Les guṇas sont les trois qualités fondamentales qui animent la nature et influencent en permanence notre corps, notre mental et notre manière d’être.
Tamas est l’énergie de l’inertie, de la lourdeur, de l’obscurité et de l’immobilité. Lorsqu’il devient prédominant, il peut nous enfermer dans une spirale où moins nous bougeons, moins nous avons envie de bouger.
Le yoga nous enseigne qu’il est inutile de lutter contre cet état par la force. En revanche, il est possible de réintroduire progressivement une autre qualité : rajas, l’énergie du mouvement, de l’action et de l’élan.
Lorsque tamas domine, ce n’est généralement pas le moment de rechercher une pratique très méditative ou totalement immobile. Le plus aidant est souvent de remettre doucement le corps en mouvement. Quelques salutations au soleil, un Hatha Yoga Flow, des postures debout et d’ancrage, une pratique qui active Apāna Vāyu, l’énergie d’enracinement, peuvent progressivement réveiller la vitalité. Une marche méditative dans la nature, le contact avec les arbres, le vent, la lumière et la respiration participent également à ce retour au mouvement.
L’objectif n’est cependant pas de rester dans rajas. Une agitation permanente n’est pas davantage un état d’équilibre. Rajas est une étape de transition qui permet de sortir de l’inertie.
Peu à peu, grâce à une pratique régulière, le mouvement s’apaise naturellement pour laisser émerger sattva, troisième guṇa. Sattva est la qualité de la clarté, de l’équilibre, de la paix intérieure et de l’harmonie. C’est un état où l’on agit avec justesse, sans lourdeur ni agitation.
Le yoga ne cherche donc pas à supprimer les guṇas. Ils font partie de la vie et fluctuent constamment. Il nous apprend plutôt à les reconnaître afin d’adapter notre pratique à notre état du moment.
Lorsque tamas nous envahit, le remède n’est souvent pas de rester immobile en espérant que cela passe. C’est d’oser remettre un peu de mouvement dans le corps, avec douceur, patience et bienveillance. Car c’est souvent ce premier pas qui ouvre progressivement le chemin vers davantage de lumière et d’équilibre intérieur.
Namaste.