Revenir à sa propre source

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Pour qu’une vie soit réellement épanouissante, faut-il vivre en copiant ce qui fonctionne chez les autres ?

Le monde nous montre sans cesse des modèles. Ce qui marche, ce qui attire, ce qui semble avoir du succès.

Alors on pourrait facilement se dire : je vais faire comme cela, puisque cela fonctionne. Mais à trop regarder à l’extérieur, ne finit-on pas parfois par s’éloigner de l’essentiel : sa propre source ?

Car chacun porte en lui une direction intime. Une sorte de boussole intérieure silencieuse. Elle ne parle pas fort. Elle ne cherche pas à convaincre. Mais lorsqu’on prend le temps de l’écouter, elle est d’une justesse étonnante.

Revenir à soi demande du courage.

Il faut parfois accepter de ne pas suivre les chemins déjà tracés, de ne pas faire comme tout le monde. Il peut y avoir des doutes, du travail, des moments d’incertitude.

Et pourtant, lorsque l’on avance à partir de cet endroit intérieur, quelque chose se met en place naturellement. Une forme de cohérence. Une énergie qui circule. Comme si la vie retrouvait son courant.

Et ce qui est juste pour soi finit toujours par rayonner autour de soi. Notre épanouissement ne reste jamais enfermé à l’intérieur. Il se diffuse, parfois sans que l’on s’en rende compte. Dans la façon d’être, d’écouter, d’accueillir.

Pour ma part, j’ai compris avec le temps que ce qui me nourrit profondément est simple : la nature et les rencontres humaines.

J’aime les lieux ouverts, la mer, la montagne, les paysages qui invitent au silence. J’aime aussi voir les personnes évoluer, se déposer peu à peu, retrouver une présence plus simple à elles-mêmes.

C’est peut-être pour cela que mon activité s’est orientée naturellement vers les retraites plutôt que vers des cours à la séance.

Dans une retraite, on ne fait pas que pratiquer.

On partage un espace, des repas, une même maison pendant quelques jours. Le rythme ralentit. Les conversations s’approfondissent.

Bien sûr, cela suppose d’aimer les gens, d’aimer la vie en commun.

Mais les petits groupes créent quelque chose de précieux : une proximité humaine, une simplicité de relation. On n’est plus seulement dans une pratique, on est dans une expérience partagée.

La nature, le silence, la pratique introspective, tout cela ouvre souvent des espaces intérieurs que le quotidien ne permet pas toujours.

Et il arrive qu’à la fin d’un stage, certaines personnes me disent, presque à voix basse :

« Il y a quelque chose qui a bougé. »

« Je crois que je vais prendre une décision. »

« Je sens que je dois changer certaines choses. »

Ce ne sont pas toujours de grandes transformations visibles. Parfois, c’est simplement une évidence retrouvée.

Comme si, pendant quelques jours, la vie avait repris le temps d’écouter ce qui murmure à l’intérieur.

Et bien souvent, cela suffit pour remettre une existence dans le sens de son propre courant.

Namaste.

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Frédérique Buisson

Professeure de yoga diplômée des Ecoles Nationales de Professeurs de Yoga
Membre de la Fédération Nationale de Professeurs de Yoga

Tel : 07 81 53 53 78
E-mail : shivasurya@sfr.fr