On me dit parfois :
« Elle a une bonne pratique, elle est très souple. »
Comme si la souplesse était la preuve.
Comme si elle était le résultat visible du yoga.
Mais la souplesse n’est pas forcément le yoga.
On peut être souple parce qu’on a fait de la danse.
Parce qu’on a fait de la gymnastique.
Parce que le corps a été entraîné très tôt à s’étirer.
Et pourtant… ne jamais avoir appris à s’écouter.
Le yoga ne cherche pas à plier le corps.
Il cherche à délier l’intérieur.
On peut toucher le sol avec les mains
et rester fermé.
On peut ne pas toucher ses pieds
et être profondément présent.
La vraie souplesse, peut-être, c’est celle qui nous permet de changer d’avis.
De reconnaître qu’on s’est trompé.
D’accueillir une émotion sans la rejeter.
De ne pas se crisper face à l’imprévu.
Un corps souple impressionne.
Un cœur souple transforme.
J’ai vu des élèves très raides entrer dans une posture avec une humilité, une écoute, une douceur qui étaient le yoga même.
Et j’ai vu des corps très agiles, forçant, comparant, cherchant la performance.
La souplesse extérieure est visible.
La souplesse intérieure est silencieuse.
Le yoga n’est pas une démonstration.
C’est une relation.
À soi.
Aux autres.
À la vie.
Namaste.